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SBTi revise sa methode Absolute Contraction : ce que la fin du taux annuel a deux chiffres change pour votre soumission de trajectoire en 2026

SBTi revise sa methode Absolute Contraction : ce que la fin du taux annuel a deux chiffres change pour votre soumission de trajectoire en 2026

25 mai 2026 9 min de lecture
Analyse de la mise à jour 2024 de la méthode Absolute Contraction de la SBTi : fin des taux annuels à deux chiffres, exemple chiffré de trajectoire 1,5 °C et implications pour les objectifs climat des entreprises.
SBTi revise sa methode Absolute Contraction : ce que la fin du taux annuel a deux chiffres change pour votre soumission de trajectoire en 2026

Une nouvelle trajectoire pour la methode Absolute Contraction des entreprises

Le 5 avril 2024, la SBTi a annoncé dans un communiqué officiel la mise à jour de sa methode Absolute Contraction pour les objectifs de reduction des emissions. Cette note technique, disponible sur le site de l’initiative science based targets, corrige les taux annuels de baisse devenus intenables pour certaines entreprises tout en maintenant l’alignement avec une trajectoire 1,5 °C. Pour un responsable climat en entreprise de taille moyenne ou en grande corporation, cette révision du cadre science based targets rééquilibre enfin la relation entre intégrité scientifique et adoption massive des objectifs. Elle ne touche pas au net zero standard ni à l’ambition de long terme sur les emissions totales, mais reparamètre la pente annuelle entre année de base et année cible near term, telle que détaillée dans la note technique SBTi du 5 avril 2024.

Jusqu’ici, la compression temporelle conduisait à des objectifs de reduction des emissions proches de 8,4 pour cent par an, puis 10,5 pour cent, voire davantage lorsque l’entreprise choisissait une année de base très récente. Plus la période entre l’année de référence du bilan carbone et l’horizon near term était courte, plus l’intensité de reduction des emissions gaz à effet de serre devenait mathématiquement explosive, créant un décalage entre science climatique et capacité opérationnelle des entreprises. Pour les sbti entreprises qui hésitaient à fixer leurs objectifs sbti avec une année de base tardive, le signal était clair : soit accepter un objectif de reduction quasi irréaliste, soit renoncer à la validation science based.

La nouvelle methode conserve un taux plancher de 4,2 pour cent par an, mais ajuste désormais ce taux en fonction du temps restant pour atteindre le net zero standard à long terme. Concrètement, les objectifs de reduction des emissions ges restent alignés sur un budget carbone global compatible avec 1,5 degré, mais la trajectoire annuelle est recalculée pour éviter les taux à deux chiffres lorsque l’année de base est récente. Par exemple, une entreprise qui devait auparavant réduire de 10 pour cent par an sur 7 ans pour rester dans le budget pourra désormais viser 6 à 7 pour cent annuels, tout en conservant la même reduction cumulée d’emissions totales sur la période. Un exemple chiffré simple : une entreprise partant de 1 000 000 de tonnes de CO2e et visant 500 000 tonnes à l’horizon near term peut soit appliquer un taux constant proche de 9 pour cent par an, soit, avec la methode modifiée, combiner quelques années à 4,2 pour cent puis des années plus proches de 7 pour cent, pour aboutir au même volume cumulé d’emissions sur la période. Pour les entreprises qui préparent une soumission d’objectifs valides en ce moment, cela rouvre une fenêtre stratégique pour articuler objectifs near term, trajectoire de transition carbone et contraintes d’investissement réelles.

Pour replacer cette évolution dans le paysage plus large de la finance durable et des attentes investisseurs, un éclairage complémentaire sur l’impact de l’ISR sur les entreprises de taille moyenne et les grandes corporations est proposé dans cet article de référence sur l’impact de l’ISR aux États Unis sur les entreprises de taille moyenne et les grandes corporations. Cette dynamique renforce la pression pour des objectifs sbti crédibles, avec un suivi précis des emissions scope 1, 2 et 3 et une transparence accrue sur les emissions résiduelles et l’usage éventuel de credits carbone. Dans ce contexte, la révision de la methode Absolute Contraction n’est pas un assouplissement de façade, mais un ajustement technique destiné à sécuriser la confiance des parties prenantes dans les objectifs de reduction et dans la robustesse du cadre science based targets.

Pourquoi la fin des taux annuels à deux chiffres change la donne pour les objectifs

La question centrale pour un directeur RSE n’est pas de savoir si la SBTi devient plus « douce », mais comment cette révision de la methode modifie la structure des objectifs de reduction pour chaque entreprise. L’ancienne formule appliquait une contraction absolue uniforme sur les emissions totales, ce qui, combiné à un horizon near term fixe, faisait exploser les pourcentages annuels dès que l’année de base se rapprochait de l’année cible. Résultat : certaines entreprises voyaient leurs objectifs sbti exiger des baisses d’emissions gaz à effet de serre supérieures à 10 pour cent par an, alors même que leurs plans d’investissement bas carbone et leurs contraintes industrielles rendaient ces trajectoires quasi impossibles.

Avec la mise à jour, la SBTi conserve le même budget carbone cumulé compatible avec la science du climat, mais elle répartit différemment l’effort de reduction des emissions scope 1, 2 et 3 dans le temps. Le taux plancher de 4,2 pour cent par an reste la référence minimale, mais la pente peut être modulée pour éviter les pics à deux chiffres tout en respectant le zero standard et les exigences de l’initiative science based. Pour un groupe comme Schneider Electric ou une ETI industrielle fortement émettrice, cela permet de calibrer un objectif de reduction des emissions ges plus cohérent avec les cycles de renouvellement d’actifs, tout en gardant une intensité carbone en baisse rapide.

Concrètement, la méthodologie modifiée revient à lisser la trajectoire : au lieu d’imposer une baisse linéaire très forte sur une courte période, la SBTi calcule désormais un taux annuel ajusté qui garantit la même reduction totale d’emissions mais avec une progression plus régulière. Une entreprise qui devait auparavant passer de 1 million à 500 000 tonnes de CO2e en 8 ans avec un taux supérieur à 9 pour cent par an pourra, avec la nouvelle methode, viser un taux annuel plus proche de 6 pour cent si son année de base est récente, tout en atteignant toujours 500 000 tonnes à l’horizon near term.

Les entreprises qui avaient déjà obtenu la validation de leurs objectifs valides ne sont pas concernées et conservent leurs engagements actuels, sans renégociation imposée. En revanche, les sbti entreprises qui envisageaient une soumission avec une année de base très récente disposent désormais d’un cadre plus stable pour articuler objectifs sbti, trajectoire de transition carbone et stratégie d’investissement dans les actifs physiques ou immobiliers. Sur ce dernier point, l’intégration de référentiels comme BREEAM In Use comme levier stratégique pour la performance durable des bâtiments en exploitation devient un outil concret pour réduire les emissions scope 1 et 2, tout en améliorant la performance énergétique et le bilan carbone immobilier.

Pour les responsables climat, la vraie ligne de crête se situe désormais entre ambition et crédibilité, et non plus entre ambition et faisabilité purement mathématique. Les objectifs de reduction doivent rester compatibles avec un budget carbone global strict, mais ils doivent aussi refléter la réalité des plans de transformation, des fermetures d’unités les plus carbonées et des investissements dans les technologies bas carbone. Dans ce contexte, la fin des taux annuels à deux chiffres pour la methode Absolute Contraction ne signifie pas un relâchement, mais une meilleure synchronisation entre la science, les standards de marché et la capacité d’exécution des entreprises engagées dans la transition carbone.

Fenêtre stratégique avant la V2 : arbitrer entre ambition, credits carbone et emissions scope 3

La révision de la methode Absolute Contraction intervient alors que la SBTi prépare une V2 de son cadre, qui deviendra obligatoire pour les nouvelles soumissions d’objectifs à partir d’une date déjà annoncée. Pour les entreprises de taille moyenne et les grandes corporations, cette période transitoire offre une fenêtre pour fixer des objectifs sbti near term sous le Corporate Net Zero Standard actuel, tout en anticipant un durcissement probable des exigences sur les emissions résiduelles et l’usage des credits carbone. La question n’est plus de savoir si l’on peut acheter des credits carbone pour compenser, mais comment limiter ces credits à la marge, une fois les emissions totales réellement alignées sur une trajectoire de reduction robuste.

Dans cette perspective, la qualité du bilan carbone et la fiabilité des données sur les emissions scope 3 deviennent déterminantes pour la validation des objectifs valides par la SBTi. Les responsables climat doivent sécuriser leurs méthodologies de calcul, en particulier sur les emissions gaz à effet de serre de la chaîne de valeur, afin de démontrer que les objectifs de reduction des emissions ges reposent sur une base solide et non sur des estimations fragiles. Un appui méthodologique détaillé sur le calcul et la reduction des emissions scope 3 est proposé dans ce guide sur les méthodologies pour fiabiliser les données fournisseurs, qui aide à aligner les objectifs sbti avec une trajectoire science based crédible.

Pour les entreprises qui arbitrent entre investissements de transition carbone, recours limité aux credits carbone et gestion d’un budget carbone interne, la nouvelle version de la methode Absolute Contraction clarifie le jeu. Elle permet de fixer des objectifs de reduction des emissions totales et d’intensité carbone qui restent exigeants, tout en évitant les effets mécaniques de taux annuels à deux chiffres qui pouvaient décourager l’action. À terme, cette évolution renforce la légitimité de la SBTi comme standard de marché, en montrant qu’un cadre science based peut rester strict sur le zero standard et le long terme, tout en s’ajustant aux réalités opérationnelles des entreprises engagées dans la transition carbone.

Encadré pratique : checklist pour les responsables climat

  • Vérifier l’année de base choisie pour le bilan carbone et simuler plusieurs horizons near term.
  • Tester l’ancien et le nouveau calcul de taux annuels pour mesurer l’impact sur les emissions scope 1, 2 et 3.
  • Aligner la trajectoire de reduction avec les cycles d’investissement et les plans de transformation industrielle.
  • Documenter la qualité des données, en particulier sur les emissions scope 3 et la chaîne de valeur.
  • Définir une politique explicite sur les credits carbone, limitée aux emissions résiduelles après reduction maximale.