Comment simuler la ville durable de demain pour renforcer votre stratégie RSE en entreprise de taille moyenne ou grande ? Méthodes, outils, indicateurs et gouvernance pour passer de la vision à l’action.
Comment simuler la ville durable de demain pour transformer votre stratégie RSE

Pourquoi simuler la ville durable de demain change la façon de faire de la RSE

Une nouvelle façon de penser la stratégie RSE à l’échelle de la ville

Pour une entreprise de taille moyenne comme pour un grand groupe, la RSE ne peut plus se limiter aux murs de l’usine ou du siège social. Les enjeux de ville durable, de mobilité urbaine, de gestion des déchets, d’énergie renouvelable ou d’urbanisme influencent directement vos risques, vos coûts et vos opportunités de développement durable.

Simuler la ville durable de demain, c’est replacer votre entreprise dans son écosystème urbain : réseaux d’énergie, flux de personnes, batiments, espaces verts, infrastructures de mobilite, gestion dechets, qualité de l’air, empreinte carbone à l’échelle du territoire. Cette approche change profondément la manière de concevoir une stratégie RSE, car elle oblige à articuler vos décisions avec celles des collectivités, des autres entreprises et des habitants.

Les villes se transforment sous la pression de la transition ecologique : neutralité carbone, sobriété energetique, adaptation au changement climatique, inclusion sociale. En simulant la ville dans laquelle vous opérerez demain, vous pouvez tester vos choix d’amenagement, vos investissements, vos modèles de services, et mesurer leur impact sur la qualite vie et sur la performance économique.

Du reporting RSE à la projection territoriale

La plupart des directions RSE sont encore très centrées sur le reporting : indicateurs d’empreinte carbone, consommation d’energie, taux de recyclage, conformité réglementaire. C’est nécessaire, mais insuffisant pour anticiper les mutations des villes demain.

La simulation urbaine et les approches de jumeau numérique de territoire permettent de passer d’une logique de constat à une logique de projection :

  • Vous ne regardez plus seulement vos émissions actuelles, vous testez l’effet de différents scénarios de developpement sur votre empreinte carbone à l’échelle de la ville.
  • Vous ne suivez plus uniquement vos consommations d’energie, vous simulez l’intégration d’energies renouvelables locales et leurs impacts sur vos coûts et sur le réseau urbain.
  • Vous ne gérez plus la gestion dechets site par site, vous évaluez des boucles de réemploi et de valorisation à l’échelle du territoire.

Cette bascule vers la simulation vous aide à aligner vos objectifs RSE avec les stratégies de villes durables et les plans climat des collectivités. Elle renforce aussi la crédibilité de vos engagements, car vous pouvez démontrer, chiffres à l’appui, comment vos choix contribuent à la ville durable demain.

Pourquoi la simulation change la prise de décision RSE

Simuler la ville demain oblige à articuler plusieurs dimensions que les entreprises traitent souvent séparément : urbanisme, energie, mobilite, gestion dechets, espaces verts, batiments, qualite vie. En RSE, cela se traduit par une transformation de la prise de décision.

Concrètement, la simulation ville permet de :

  • Tester des scénarios avant d’investir : implanter un nouveau site industriel, rénover un parc de batiments, développer un service de mobilite bas carbone, lancer un projet de production d’energie renouvelable locale.
  • Visualiser les effets systémiques : par exemple, comment un changement de logistique urbaine impacte la congestion, la pollution de l’air, la consommation energetique et la qualite vie des riverains.
  • Identifier les co-bénéfices : réduction de l’empreinte carbone, baisse des coûts d’energie, amélioration de l’image de marque, attractivité RH, contribution visible à la transition ecologique de la ville.
  • Prioriser les actions : choisir les projets à plus fort impact à l’échelle du territoire, plutôt que de multiplier les petites actions dispersées.

Pour un ou une responsable RSE, cela change le dialogue avec la direction générale : vous ne présentez plus seulement des obligations réglementaires, mais des trajectoires de developpement durable argumentées, appuyées sur des donnees territoriales et des outils de simulation.

Le rôle clé des donnees et de l’intelligence artificielle

Simuler une ville durable ne repose pas sur de la fiction, mais sur des donnees réelles et des modèles éprouvés. Les collectivités, les agences d’urbanisme, les opérateurs d’energie ou de transport publient de plus en plus de jeux de donnees sur les consommations energetiques, les flux de mobilite, la gestion dechets, les espaces verts, la qualité de l’air.

En combinant ces donnees avec vos propres indicateurs RSE, vous pouvez :

  • Construire des demonstrateurs ville à l’échelle d’un quartier ou d’une zone industrielle.
  • Utiliser des modèles de simulation et d’intelligence artificielle pour simuler ville et évaluer différents scénarios de mise place de solutions bas carbone.
  • Mesurer l’impact de vos projets sur la ville durable : réduction des émissions, baisse des consommations d’energie, amélioration de la qualite vie.

Pour les entreprises de taille moyenne et les grandes corporations, cela suppose de renforcer les compétences internes et les partenariats, notamment avec les pôles éco-industries, les clusters territoriaux et les acteurs publics. Sur ce point, l’approche décrite dans cet article sur la dynamisation des pôles éco-industries dans les entreprises de taille moyenne et les grandes corporations offre un cadre utile pour structurer ces coopérations.

Aligner modèle d’affaires et ville durable

Enfin, simuler la ville durable demain amène à questionner votre modèle d’affaires lui-même. Vos produits, vos services, vos infrastructures sont-ils compatibles avec des villes durables sobres en ressources, résilientes et inclusives ?

La simulation urbaine permet de :

  • Identifier de nouveaux services adaptés à la ville demain : solutions de mobilite partagée, services énergétiques intégrant l’energie renouvelable, offres de rénovation energetique des batiments, solutions de gestion dechets circulaires.
  • Repérer les activités qui risquent d’être pénalisées par les politiques de developpement durable urbain (zones à faibles émissions, contraintes foncières, exigences de performance energetique).
  • Concevoir des projets pilotes à l’échelle d’un quartier ou d’une zone d’activité, en lien avec les collectivités, comme véritables demonstrateurs ville de votre contribution à la transition ecologique.

Pour une direction RSE, cette démarche ouvre la voie à une transformation plus profonde, qui sera développée dans les parties suivantes : choix d’un angle stratégique, sélection des méthodes de simulation adaptées, définition des indicateurs clés, puis passage de la simulation à la transformation concrète du modèle d’entreprise à l’échelle du territoire.

Choisir un angle stratégique pour simuler la ville durable de demain

Clarifier la question stratégique avant de parler d’outils

Avant de chercher à simuler la ville durable de demain, une entreprise doit répondre à une question simple : pourquoi veut-elle le faire, et à quelle échelle de territoire ?

Pour une entreprise de taille moyenne comme pour un grand groupe, la simulation urbaine n’a pas le même sens si l’on parle :

  • de réduire l’empreinte carbone de ses bâtiments et de sa chaîne logistique ;
  • d’anticiper les besoins en énergie renouvelable d’un futur quartier ;
  • d’améliorer la mobilité des salarié·es et des client·es dans une zone urbaine congestionnée ;
  • de concevoir un projet immobilier ou industriel compatible avec le developpement durable de la ville ;
  • d’expérimenter de nouveaux services liés à la gestion des dechets, à l’eau ou aux espaces verts.

Le premier travail du ou de la responsable RSE consiste donc à cadrer l’angle stratégique : climat, energie, mobilite, urbanisme, qualité de vie, ou combinaison de plusieurs enjeux. C’est ce cadrage qui donnera du sens aux donnees collectées, aux outils de simulation choisis et aux partenariats avec les villes.

Quatre grands angles pour simuler la ville durable de demain

Dans la pratique, la plupart des entreprises qui veulent simuler la ville ou un quartier s’inscrivent dans l’un (ou plusieurs) des quatre angles suivants.

1. Angle climat et energie

Ici, la simulation sert à comprendre comment la ville durable de demain peut réduire les émissions et consommer moins de ressources énergétiques. On travaille sur :

  • la performance energetique des batiments (bureaux, entrepôts, commerces) ;
  • l’intégration d’energies renouvelables (solaire, géothermie, réseaux de chaleur) à l’échelle du quartier ;
  • les effets de la mobilite (flotte de véhicules, livraisons, déplacements domicile travail) sur l’empreinte carbone ;
  • les scénarios de transition ecologique : électrification, sobriété, mutualisation d’infrastructures.

Pour un grand groupe, cet angle permet d’aligner la stratégie climat avec les politiques de developpement durable des villes. Pour une entreprise de taille moyenne, il aide à prioriser les investissements dans les batiments, la logistique ou les energies renouvelables, en s’appuyant sur des simulations à l’échelle du territoire.

2. Angle urbanisme, choix d’aménagement et qualité de vie

La ville durable demain ne se résume pas à l’energie. Elle concerne aussi la manière de concevoir les espaces, les flux et les usages. La simulation urbaine peut alors éclairer :

  • les choix amenagement autour d’un site : accès, espaces verts, cheminements piétons, pistes cyclables ;
  • l’impact d’un nouveau projet (zone d’activités, siège social, plateforme logistique) sur la qualite vie des riverains ;
  • la répartition des fonctions urbaines : logement, emploi, services, culture, nature en ville ;
  • les risques de nuisances (bruit, trafic, pollution de l’air) et les solutions pour les réduire.

Pour les villes durables, ces simulations sont précieuses pour arbitrer entre plusieurs scénarios d’urbanisme. Pour l’entreprise, elles permettent de démontrer que le projet s’inscrit dans un developpement urbain ecologique et socialement acceptable.

3. Angle économie circulaire et gestion des ressources

Un autre angle stratégique consiste à simuler la gestion des ressources dans la ville demain : matières, eau, dechets, chaleur fatale, foncier. On cherche à :

  • cartographier les flux de matières et de dechets à l’échelle territoire ;
  • identifier des synergies entre entreprises et villes (réemploi, mutualisation, boucles locales) ;
  • tester des scénarios de gestion dechets plus performants et moins carbonés ;
  • évaluer l’impact de nouveaux services (consigne, réparation, partage d’équipements).

Pour une entreprise de taille moyenne, cet angle peut déboucher sur des partenariats très concrets avec d’autres acteurs locaux. Pour un grand groupe, il permet de concevoir des demonstrateurs ville d’économie circulaire, réplicables dans plusieurs territoires.

4. Angle innovation, services urbains et nouveaux modèles d’affaires

Enfin, certaines entreprises utilisent la simulation pour explorer les villes demain comme terrain d’innovation. Il s’agit de :

  • tester de nouveaux services de mobilite, d’energie ou de gestion de l’eau dans un environnement urbain virtuel ;
  • évaluer l’acceptabilité sociale et l’impact ecologique de ces services ;
  • imaginer des modèles économiques alignés avec le durable developpement des territoires ;
  • préparer des offres adaptées aux politiques publiques de transition ecologique.

Dans ce cadre, la simulation devient un outil de R&D urbaine, au service de la ville durable demain et de la transformation des métiers de l’entreprise.

Choisir l’échelle de simulation : du bâtiment au jumeau de territoire

Définir un angle stratégique ne suffit pas. Il faut aussi choisir l’echelle territoire pertinente pour simuler ville et quartiers.

  • Bâtiment ou site unique : pertinent pour optimiser la performance energetique, la gestion dechets, la mobilité interne, la qualité de vie au travail.
  • Quartier ou zone d’activités : adapté pour travailler sur les flux de mobilite, les réseaux d’energie renouvelable, les services partagés, les espaces verts.
  • Ville entière ou agglomération : utile pour les grands groupes ou les filières qui veulent comprendre leur rôle systémique dans les villes durables et la planification urbaine.

Plus l’échelle est large, plus la simulation ressemble à un jumeau numérique de territoire, intégrant de nombreuses donnees urbaines. Pour une entreprise de taille moyenne, commencer par le bâtiment ou le quartier est souvent plus réaliste, avant d’élargir progressivement.

Aligner la simulation avec les priorités RSE de l’entreprise

La simulation de la ville durable n’a de sens que si elle sert directement la stratégie RSE. Concrètement, cela signifie :

  • relier chaque scénario urbain à des objectifs RSE précis (climat, biodiversité, inclusion, santé, mobilite) ;
  • traduire les résultats de simulation en indicateurs suivis dans les rapports extra financiers ;
  • prioriser les investissements qui ont un impact mesurable sur l’empreinte carbone et la qualite vie ;
  • articuler les engagements de l’entreprise avec les plans climat, les schémas d’urbanisme et les stratégies de developpement durable des villes.

Pour renforcer la crédibilité de cette démarche, il est utile de s’appuyer sur des référentiels reconnus (normes environnementales, cadres climat, labels de batiments durables) et sur des études publiées par des organismes publics ou des institutions de recherche spécialisées dans l’urbanisme et l’energie.

Intégrer les risques environnementaux dans l’angle stratégique

Simuler la ville demain, c’est aussi intégrer les risques physiques et environnementaux qui vont peser sur les activites de l’entreprise et sur les territoires :

  • inondations, submersions, canicules, îlots de chaleur urbains ;
  • pollution de l’air et de l’eau, saturation des infrastructures ;
  • pression sur les ressources (eau, sols, energie).

Un angle stratégique pertinent doit donc inclure ces risques dans les scénarios de simulation. Cela permet de concevoir des projets plus résilients, de mieux dialoguer avec les services d’urbanisme et de justifier des investissements de prévention.

Dans cette logique, certaines entreprises intègrent par exemple des solutions de protection des milieux aquatiques ou de réduction des pollutions dans leur stratégie RSE. L’analyse de cas concrets, comme l’intégration d’un barrage flottant anti pollution dans une stratégie RSE, illustre comment un dispositif local peut s’inscrire dans une vision plus large de la ville durable demain.

Rôle de l’intelligence artificielle dans le choix d’angle

L’intelligence artificielle n’est pas un angle stratégique en soi, mais un levier pour mieux simuler la ville urbaine de demain. Elle peut :

  • croiser de grandes quantités de donnees urbaines (mobilite, energie, climat, usages des batiments) ;
  • identifier des corrélations invisibles à l’œil nu entre choix d’amenagement, consommation energetique et empreinte carbone ;
  • proposer des scénarios optimisés pour la gestion des flux, la localisation d’energies renouvelables ou la réduction des nuisances ;
  • alimenter des jumeaux numériques de quartiers ou de villes, utiles pour les demonstrateurs ville et les projets pilotes.

Pour un ou une responsable RSE, l’enjeu n’est pas de maîtriser la technique, mais de savoir formuler les bonnes questions stratégiques à poser aux outils d’IA, en cohérence avec la vision de ville durable portée par l’entreprise.

Préparer la suite : de l’angle stratégique aux méthodes de simulation

Une fois l’angle choisi, l’échelle de territoire définie et les priorités RSE clarifiées, il devient beaucoup plus simple de sélectionner les méthodes de simulation adaptées : maquettes énergétiques de batiments, modèles de mobilite, jumeaux numériques de quartiers, ou encore plateformes collaboratives avec les villes. C’est cette articulation entre vision stratégique et outils opérationnels qui permettra, ensuite, de passer de la simulation à la transformation réelle du modèle d’entreprise.

Méthodes de simulation adaptées aux entreprises de taille moyenne et aux grands groupes

Cartographier vos besoins avant de choisir une méthode

Avant de se lancer dans la simulation d’une ville durable, il est essentiel de clarifier ce que vous cherchez à comprendre ou à transformer dans votre stratégie RSE. Une entreprise de taille moyenne n’a pas les mêmes moyens, ni les mêmes contraintes, qu’un grand groupe, mais les questions de fond restent proches :

  • Comment réduire l’empreinte carbone liée à vos bâtiments, à la mobilité de vos équipes et à votre logistique urbaine ?
  • Comment anticiper l’évolution de la ville demain en matière d’urbanisme, de mobilités, d’énergies renouvelables et de gestion des déchets ?
  • Comment vos produits, services ou infrastructures s’insèrent dans le développement durable des territoires et la qualité de vie des habitants ?

Cette cartographie des besoins permet de choisir des méthodes de simulation adaptées à l’échelle de votre entreprise, à votre budget et à votre maturité RSE. Elle conditionne aussi le niveau de détail des données nécessaires, la complexité des outils et le type de partenariats à mettre en place avec les villes et les acteurs de l’urbanisme.

Scénarios prospectifs et ateliers de co-construction

Pour beaucoup d’entreprises, la première étape réaliste pour simuler ville durable et usages urbains consiste à travailler avec des scénarios prospectifs. Il ne s’agit pas encore de jumeau numérique ou de modélisation complexe, mais de combiner données existantes, tendances de la transition écologique et retours d’expérience de terrain.

Concrètement, cela peut prendre la forme :

  • d’ateliers de co-construction avec vos équipes RSE, vos métiers (immobilier, logistique, marketing, achats) et parfois des représentants de collectivités ou d’associations locales ;
  • de scénarios contrastés sur la ville durable demain : ville très dense, ville multipolaire, villes moyennes renforcées, etc. ;
  • d’analyses d’impact sur vos activités : besoins en énergie, flux de mobilité, gestion des déchets, choix d’aménagement de vos sites, intégration d’espaces verts ou de solutions de rafraîchissement urbain.

Pour une entreprise de taille moyenne, cette approche est souvent suffisante pour orienter des décisions structurantes : localisation d’un nouveau site, conception d’un bâtiment plus écologique, adaptation d’une offre de services à la mobilité urbaine ou à la logistique du dernier kilomètre.

Les grands groupes peuvent aller plus loin en combinant ces scénarios avec des études sectorielles, des données territoriales ouvertes et des analyses de risques climatiques à l’échelle d’un portefeuille de sites ou d’un réseau de distribution.

Jumeaux numériques urbains et modélisation spatiale

Lorsque les enjeux sont plus complexes ou que l’entreprise a un impact fort sur la ville urbaine (immobilier, énergie, mobilité, infrastructures, gestion de l’eau ou des déchets), la simulation peut s’appuyer sur des jumeaux numériques de quartiers ou de villes. Ces approches sont déjà utilisées dans plusieurs villes durables en Europe, avec une base de données géospatiales, des modèles énergétiques et des outils de simulation de flux.

Pour les grandes entreprises, ces jumeaux numériques permettent par exemple de :

  • simuler l’impact énergétique de nouveaux bâtiments ou de rénovations massives sur un quartier ;
  • tester différents mix d’énergie renouvelable à l’échelle territoire (solaire, éolien, géothermie, récupération de chaleur) ;
  • évaluer les effets de nouveaux services de mobilité sur la congestion, la pollution de l’air et la qualité de vie ;
  • analyser les conséquences de choix d’aménagement sur les îlots de chaleur, les espaces verts et la résilience climatique.

Pour une entreprise de taille moyenne, il n’est pas toujours réaliste de développer son propre jumeau numérique. En revanche, il est possible de :

  • se brancher sur des démonstrateurs ville existants portés par des collectivités, des agences d’urbanisme ou des clusters ;
  • participer à des projets pilotes où plusieurs acteurs testent ensemble des solutions de développement durable (mobilité partagée, mutualisation énergétique, gestion déchets optimisée) ;
  • utiliser des plateformes de simulation mutualisées proposées par des partenaires techniques ou des bureaux d’études.

Dans tous les cas, la clé est de garder un lien direct entre la simulation et vos décisions concrètes : investissements immobiliers, choix énergétiques, conception de nouveaux services, organisation de la logistique ou de la mobilité des salariés.

Exploiter l’intelligence artificielle pour mieux simuler la ville

L’intelligence artificielle peut renforcer la capacité à simuler ville et usages urbains, à condition de rester ancrée dans des données fiables et des objectifs clairs de développement durable. Elle n’est pas une fin en soi, mais un levier pour mieux comprendre les interactions entre vos activités et la ville demain.

Quelques usages concrets, déjà observés dans des projets réels :

  • optimisation énergétique des bâtiments en croisant données de consommation, météo, occupation des locaux et production d’énergie renouvelable locale ;
  • modélisation des flux de mobilité pour réduire les trajets à vide, optimiser les tournées de livraison urbaine et limiter les émissions ;
  • analyse prédictive de la gestion des déchets pour adapter les fréquences de collecte, dimensionner les points de tri et réduire les nuisances en ville ;
  • identification de scénarios de choix aménagement intégrant biodiversité, espaces verts, confort thermique et usages des habitants.

Pour une entreprise de taille moyenne, l’enjeu est souvent de s’appuyer sur des solutions existantes plutôt que de développer ses propres algorithmes. Des plateformes spécialisées, des bureaux d’études ou des partenaires techniques peuvent fournir des outils prêts à l’emploi, avec des tableaux de bord centrés sur l’empreinte carbone, la performance énergétique ou la mobilité.

Les grands groupes, eux, peuvent internaliser une partie de ces compétences, créer des équipes dédiées à la simulation urbaine et à l’IA, et structurer des partenariats de long terme avec des territoires pilotes.

Outils accessibles pour les entreprises de taille moyenne

Il existe aujourd’hui un ensemble d’outils qui permettent de simuler ville durable à un coût raisonnable, sans infrastructure lourde. Ils ne remplacent pas les grands jumeaux numériques, mais offrent une première approche opérationnelle :

  • logiciels de simulation énergétique des bâtiments, utiles pour concevoir ou rénover vos sites en intégrant les enjeux d’énergie renouvelable et de confort urbain ;
  • outils de modélisation de flux logistiques et de mobilité, pour optimiser les tournées, réduire les kilomètres parcourus et limiter les émissions ;
  • plateformes de cartographie territoriale qui croisent données publiques, données internes et indicateurs de développement durable à l’échelle territoire ;
  • simulateurs d’empreinte carbone intégrant les spécificités urbaines : densité, mix énergétique local, infrastructures de transport, gestion des déchets.

Pour choisir ces outils, il est utile de s’appuyer sur des partenaires qui connaissent à la fois les contraintes des entreprises et celles des villes. Par exemple, un consultant en gestion durable des ressources à l’échelle des territoires peut aider à relier vos enjeux RSE aux dynamiques urbaines et aux politiques publiques locales.

L’objectif n’est pas d’avoir l’outil le plus sophistiqué, mais celui qui vous permet de tester des scénarios crédibles, de dialoguer avec les villes et de prendre des décisions alignées avec la transition écologique.

Projets pilotes et démonstrateurs pour tester en conditions réelles

Enfin, la simulation ne doit pas rester cantonnée à des modèles théoriques. Les projets pilotes et démonstrateurs ville sont un excellent moyen de confronter vos hypothèses à la réalité urbaine et d’ajuster votre stratégie RSE.

Pour une entreprise de taille moyenne, cela peut passer par :

  • un projet de bâtiment démonstrateur intégrant haute performance énergétique, énergies renouvelables et solutions de gestion intelligente ;
  • un partenariat avec une collectivité pour tester de nouvelles solutions de mobilité ou de logistique urbaine bas carbone ;
  • une expérimentation de nouveaux services favorisant la qualité de vie en ville, l’accès aux espaces verts ou la réduction des nuisances.

Les grands groupes peuvent, de leur côté, cofinancer ou coanimer des démonstrateurs à plus grande échelle, impliquant plusieurs quartiers ou plusieurs villes demain, avec des indicateurs partagés de développement durable et de performance énergétique.

Dans tous les cas, ces démonstrateurs doivent être conçus comme des laboratoires d’apprentissage : les données collectées, les retours d’usage et les résultats de simulation servent ensuite à ajuster vos modèles, à affiner vos scénarios et à transformer progressivement votre modèle d’entreprise vers une ville durable demain plus résiliente et plus inclusive.

Données et indicateurs clés pour simuler la ville durable de demain

Structurer les données pour comprendre la ville durable

Pour simuler une ville durable demain de façon crédible, la première étape consiste à clarifier quelles données sont vraiment utiles. Beaucoup d’entreprises collectent déjà une masse de données, mais rarement structurées à l’échelle du territoire ou de la ville urbaine.

En pratique, on peut distinguer quatre grands blocs de données à consolider avant de simuler ville et scénarios de développement durable :

  • Données énergétiques : consommation d’énergie des bâtiments, mix énergétique (part d’énergie renouvelable), performance énergétique des sites, coûts et émissions associées.
  • Données de mobilité : déplacements domicile travail, logistique urbaine, livraisons, flotte de véhicules, usage des transports en commun, modes doux.
  • Données environnementales : empreinte carbone globale, gestion des déchets, consommation d’eau, espaces verts, biodiversité autour des sites.
  • Données d’usage et de qualité de vie : confort dans les bâtiments, satisfaction des usagers, accessibilité des services, temps de trajet, perception de la ville durable.

Pour une entreprise de taille moyenne, l’enjeu est souvent de commencer simple, avec quelques indicateurs robustes, puis d’élargir. Pour un grand groupe, la difficulté est plutôt de rendre comparables les données entre sites, pays et villes durables différentes.

Indicateurs clés pour piloter la transition écologique

Une fois les données identifiées, il faut sélectionner des indicateurs qui parlent à la direction, aux équipes opérationnelles et aux partenaires publics. Ces indicateurs doivent éclairer les choix d’aménagement, la conception des projets et la transformation du modèle d’affaires.

Quelques indicateurs structurants pour simuler la ville durable demain :

  • Énergie et climat
    • Consommation d’énergie finale par mètre carré de bâtiments ou par unité produite.
    • Part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de l’entreprise à l’échelle du territoire.
    • Émissions de gaz à effet de serre (scopes 1, 2 et 3) par site urbain ou zone d’activité.
    • Potentiel de réduction d’empreinte carbone selon différents scénarios de simulation.
  • Mobilité et logistique urbaine
    • Répartition des modes de transport (voiture individuelle, transports en commun, vélo, marche).
    • Émissions liées aux déplacements domicile travail et aux flux logistiques.
    • Taux de véhicules bas carbone dans la flotte (électrique, biogaz, autres énergies renouvelables).
  • Ressources et circularité
    • Taux de valorisation des déchets et performance de la gestion dechets.
    • Consommation de matières premières par unité produite ou par projet.
    • Part des matériaux recyclés ou biosourcés dans les travaux et les bâtiments.
  • Qualité de vie et urbanisme
    • Surface d’espaces verts accessibles aux salariés et aux riverains.
    • Temps moyen de trajet domicile travail.
    • Indicateurs de confort (luminosité, qualité de l’air intérieur, bruit) dans les bâtiments.

Ces indicateurs deviennent la colonne vertébrale de vos scénarios de développement durable et permettent de comparer objectivement plusieurs options de transition écologique.

Du jumeau numérique aux démonstrateurs de ville

Pour aller plus loin, de plus en plus d’entreprises utilisent des outils de simulation avancés, parfois sous forme de jumeau numérique de quartier ou de ville. L’idée n’est pas de faire de la technologie pour la technologie, mais de disposer d’un environnement de test pour concevoir des projets plus écologiques et plus robustes.

Concrètement, un jumeau numérique de ville ou de zone d’activité peut intégrer :

  • Les données énergétiques des bâtiments et des infrastructures.
  • Les flux de mobilité et de logistique urbaine.
  • Les réseaux d’énergie renouvelable (solaire, éolien, chaleur fatale, etc.).
  • Les espaces verts, les zones de biodiversité et les contraintes d’urbanisme.

À partir de là, il devient possible de simuler ville demain selon différents scénarios :

  • Implantation de nouveaux bâtiments ou entrepôts et impact sur l’empreinte carbone.
  • Choix d’aménagement des parkings, des pistes cyclables, des espaces verts.
  • Mise en place de nouveaux systèmes de gestion de l’énergie ou de gestion des déchets.
  • Création de démonstrateurs ville durable à l’échelle d’un site pilote.

Pour un grand groupe, ces démonstrateurs servent souvent de référence pour déployer ensuite à grande échelle territoire. Pour une entreprise de taille moyenne, ils permettent de sécuriser un projet stratégique en montrant, chiffres à l’appui, les bénéfices écologiques et économiques.

Rôle de l’intelligence artificielle dans la simulation urbaine

L’intelligence artificielle peut renforcer la qualité des simulations, à condition de rester vigilants sur la qualité des données et la transparence des modèles. L’objectif n’est pas de déléguer les décisions à un algorithme, mais d’augmenter la capacité d’analyse des équipes RSE et des métiers.

Quelques usages concrets de l’intelligence artificielle pour la ville durable demain :

  • Optimisation énergétique : détection automatique des dérives de consommation, recommandations d’actions de sobriété, pilotage intelligent des systèmes de chauffage et de climatisation.
  • Simulation de scénarios : comparaison rapide de centaines de combinaisons (mix énergétique, organisation de la mobilité, choix d’aménagement) pour identifier les trajectoires les plus pertinentes.
  • Analyse territoriale : croisement de données urbaines (densité, mobilité, espaces verts, pollution) pour repérer les zones où un projet de ville durable aurait le plus d’impact.
  • Suivi en temps réel : mise à jour continue des indicateurs de développement durable pour ajuster la stratégie sans attendre le prochain cycle de reporting.

Pour rester crédible, il est essentiel de documenter les sources de données, les hypothèses de simulation et les limites des modèles. Les parties prenantes, notamment les villes et les collectivités, attendent de la transparence sur la façon dont les résultats sont obtenus.

Adapter les outils aux capacités de l’entreprise

Les outils de simulation ne doivent pas être réservés aux très grands groupes. Il existe aujourd’hui une large palette de solutions, de la feuille de calcul enrichie à la plateforme de jumeau numérique urbain. L’enjeu est de choisir un niveau de sophistication cohérent avec vos moyens et vos priorités RSE.

Type d’entreprise Outils de base Outils avancés
Entreprise de taille moyenne
  • Tableaux de bord énergie et empreinte carbone.
  • Outils de cartographie simple des sites et flux.
  • Simulations scénarios dans des outils bureautiques.
  • Solutions SaaS de simulation énergétique des bâtiments.
  • Outils de modélisation de mobilité et logistique urbaine.
Grand groupe
  • Plateformes de reporting RSE intégrées.
  • Outils de suivi multi sites à l’échelle territoire.
  • Jumeau numérique de ville ou de zone industrielle.
  • Solutions d’intelligence artificielle pour l’optimisation énergétique.
  • Outils de simulation urbaine pour les choix d’aménagement.

L’essentiel est de garder un fil conducteur : chaque nouvel outil doit améliorer la capacité de l’entreprise à concevoir des projets plus écologiques, à dialoguer avec les villes demain et à orienter ses investissements vers un durable developpement réellement aligné avec la transition écologique.

Gouvernance et coopération avec les villes pour rendre la simulation utile

Structurer un dialogue utile entre entreprise et territoires

Pour qu’une simulation de ville durable soit réellement utile, elle doit être co construite avec les acteurs des territoires. Une entreprise, même très engagée dans le developpement durable, ne peut pas simuler la ville de demain seule dans son coin. Les choix d’amenagement, la mobilite, la gestion des dechets, l’energie renouvelable ou l’urbanisme touchent directement la vie quotidienne des habitants et la qualite de vie urbaine.

Concrètement, cela signifie mettre en place une gouvernance qui associe :

  • Les services des villes et intercommunalites (urbanisme, mobilite, energie, espaces verts, gestion des dechets) ;
  • Les agences d’urbanisme, syndicats d’energie, acteurs de l’energie et de l’efficacite energetique ;
  • Les entreprises de batiments, de mobilite, de services urbains, mais aussi les acteurs du numerique et de l’intelligence artificielle ;
  • Les associations locales, collectifs citoyens, voire des habitants directement pour certains projets pilotes.

Le role de la fonction RSE, dans une entreprise de taille moyenne comme dans un grand groupe, est de faciliter ce dialogue, de clarifier les objectifs communs et de s’assurer que la simulation sert autant la strategie d’entreprise que les priorites de la ville durable.

Organiser la gouvernance autour de la donnees et des jumeaux numeriques

Les simulations de ville durable demain reposent de plus en plus sur des jumeaux numeriques de territoires, de quartiers ou de batiments. Ces outils permettent de simuler ville et scenarios de developpement : consommation energetique, flux de mobilite, gestion des dechets, implantation d’energies renouvelables, evolution des espaces verts, etc.

Pour que ces jumeaux soient credibles et utiles, la gouvernance doit clarifier plusieurs points :

  • Propriete et acces aux donnees : qui collecte, qui partage, qui peut exploiter les donnees urbaines (energie, mobilite, batiments, qualite de l’air, empreinte carbone) et a quelles conditions ;
  • Qualite et mise a jour : comment garantir que les donnees utilisees pour la simulation restent a jour, fiables et coherentes a l’echelle du territoire ;
  • Interoperabilite des outils : comment faire dialoguer les outils de simulation internes a l’entreprise avec ceux des villes, des operateurs de reseaux ou des bureaux d’etudes ;
  • Transparence : quelles hypotheses sont retenues pour simuler la ville durable demain, quels scenarios sont testes, quels impacts sont pris en compte (sociaux, ecologiques, energetiques, economiques).

Les entreprises qui reussissent a tirer parti de ces simulations sont souvent celles qui acceptent de co construire des standards de donnees et de gouvernance avec les villes et les autres acteurs, plutot que d’imposer leurs propres outils.

Co construire des scenarios avec les villes et les parties prenantes

Une simulation n’a de sens que si les scenarios testes sont pertinents pour les politiques publiques locales et pour la strategie RSE de l’entreprise. La gouvernance doit donc organiser des temps de travail communs pour concevoir des scenarios de ville demain qui repondent aux enjeux de transition ecologique et de developpement durable.

Quelques exemples de themes de scenarios a co construire :

  • Reamenagement d’une zone urbaine avec plus d’espaces verts, de mobilite douce et de batiments sobres en energie ;
  • Transformation d’un parc immobilier d’entreprise pour reduire l’empreinte carbone et ameliorer la qualite de vie au travail ;
  • Integration d’energies renouvelables a l’echelle territoire (toitures solaires, geothermie, reseaux de chaleur, autoconsommation collective) ;
  • Optimisation de la logistique urbaine et des flux de marchandises pour limiter les nuisances et la pollution ;
  • Demonstrateurs ville durable autour de nouveaux services (mobilite partagée, gestion intelligente de l’energie, reutilisation des eaux, economie circulaire).

Dans ces exercices, l’intelligence artificielle et les outils de simulation avancés peuvent aider a explorer rapidement plusieurs options, mais la decision finale reste politique et strategique. La gouvernance doit donc prevoir des espaces de debat, pas seulement des tableaux de bord.

Aligner les engagements RSE avec les strategies territoriales

Les villes durables et les regions disposent deja de feuilles de route : plans climat, strategies energie climat, plans de mobilite, documents d’urbanisme, programmes de developpement durable. Une simulation utile doit s’inscrire dans ces cadres, pas les ignorer.

Pour un responsable RSE, cela implique de :

  • Cartographier les objectifs des territoires ou l’entreprise est presente (neutralite carbone, adaptation climatique, mobilite, biodiversite, gestion des dechets) ;
  • Identifier comment les projets de l’entreprise peuvent contribuer a ces objectifs via la simulation (par exemple, simuler l’impact d’un nouveau site industriel sur la mobilite urbaine ou la consommation energetique) ;
  • Adapter les indicateurs internes (empreinte carbone, efficacite energetique, usage des ressources) pour qu’ils puissent etre compares aux indicateurs territoriaux ;
  • Formaliser des engagements communs avec les villes, sous forme de chartes, conventions ou feuilles de route partagees.

Cet alignement renforce la credibilite de la demarche RSE et facilite l’acceptation des projets par les collectivites et les habitants.

Mettre en place des dispositifs de pilotage et de retour d’experience

La simulation n’est pas un exercice ponctuel. Pour qu’elle transforme vraiment la strategie RSE et le modele d’entreprise, il faut la considerer comme un outil de pilotage continu de la transition ecologique.

Une gouvernance robuste prevoit notamment :

  • Un comite de pilotage commun entre l’entreprise, les villes et les principaux partenaires, charge de valider les hypotheses, les scenarios et les priorites de simulation ;
  • Des indicateurs partages : energie consommee et produite, part d’energie renouvelable, evolution de l’empreinte carbone, performance energetique des batiments, part de mobilite douce, taux de valorisation des dechets, qualite de vie percue ;
  • Des revues periodiques pour comparer les resultats reels aux resultats de simulation, ajuster les modeles et les choix d’amenagement ;
  • Des retours d’experience formalises pour capitaliser sur les projets pilotes et les demonstrateurs ville durable, puis les dupliquer sur d’autres sites ou d’autres villes demain.

Ce pilotage permet de passer progressivement d’une logique de projet isole a une logique de portefeuille de projets coherents a l’echelle territoire, en s’appuyant sur la simulation pour arbitrer les priorites et optimiser les investissements.

Associer les collaborateurs et les habitants a la demarche

Enfin, une gouvernance efficace ne se limite pas aux directions et aux experts. Les simulations de ville durable demain peuvent devenir un puissant levier d’engagement interne et externe si elles sont partagees et expliquees.

Quelques leviers concrets :

  • Ateliers participatifs avec les collaborateurs pour imaginer et simuler ville durable autour des sites de l’entreprise ;
  • Dispositifs de concertation avec les habitants pour tester des scenarios d’urbanisme, de mobilite ou de gestion des espaces verts ;
  • Visualisations accessibles des jumeaux numeriques (cartes interactives, maquettes 3D) pour rendre la simulation compréhensible ;
  • Programmes d’innovation ouverte pour co concevoir des solutions de mobilite, d’energie ou de gestion des dechets avec des startups, des associations, des ecoles.

En integrant ces dimensions dans la gouvernance, la simulation ne reste pas un outil technique reserve a quelques specialistes. Elle devient un support de dialogue, de decision et de transformation partage, au service d’une ville durable et d’un developpement durable plus coherents avec les attentes des territoires et des citoyens.

Passer de la simulation à la transformation de votre modèle d’entreprise

Structurer un passage à l’échelle crédible

La simulation n’a de valeur que si elle débouche sur des décisions concrètes. Une fois votre ville durable de demain simulée, l’enjeu est de traduire les scénarios en feuilles de route opérationnelles, à l’échelle de l’entreprise et du territoire urbain concerné.

Pour un groupe comme pour une entreprise de taille moyenne, cela implique de relier clairement les résultats de simulation à la stratégie, aux investissements et aux plans d’action RSE. Sans ce lien, la ville durable reste un démonstrateur virtuel, sans impact réel sur le développement durable ni sur l’empreinte carbone.

  • Identifier les scénarios « gagnants » en termes de réduction d’empreinte carbone, de qualité de vie urbaine et de performance économique
  • Traduire chaque scénario en projets concrets : bâtiments, mobilité, énergie, gestion des déchets, espaces verts
  • Fixer des jalons temporels réalistes, en cohérence avec vos cycles budgétaires et vos plans industriels
  • Définir des indicateurs de suivi alignés sur vos engagements de développement durable

Les entreprises les plus avancées utilisent ici des approches issues de la gestion de portefeuille de projets : arbitrages, priorisation, allocation de ressources, tout en gardant le lien avec les objectifs de transition écologique à l’échelle du territoire.

Relier les scénarios de ville durable à vos métiers

Pour passer de la simulation à la transformation, il faut « descendre » la ville durable dans les métiers. Les résultats de simulation urbaine doivent être traduits en impacts concrets pour les équipes : ingénierie, achats, immobilier, logistique, marketing, exploitation des sites, etc.

Quelques questions structurantes pour un ou une responsable RSE :

  • Comment les scénarios de mobilité durable demain influencent-ils la conception de nos offres de transport, de logistique ou de services urbains ?
  • En quoi les hypothèses sur les énergies renouvelables modifient-elles nos choix d’approvisionnement énergétique et nos contrats à long terme ?
  • Quels impacts sur la conception de nos bâtiments, de nos sites industriels ou de nos entrepôts dans la ville de demain ?
  • Comment intégrer les nouvelles attentes de qualité de vie urbaine (espaces verts, bruit, chaleur urbaine) dans nos produits et services ?

Le rôle de la RSE est ici d’orchestrer un dialogue entre les résultats de simulation et les directions opérationnelles, pour que chaque métier s’approprie les scénarios et les traduise en choix d’aménagement, en innovations ou en nouveaux modèles d’affaires.

Du jumeau numérique aux projets pilotes sur le terrain

Les outils de simulation, y compris les jumeaux numériques de ville ou de quartier, permettent de tester virtuellement des combinaisons de solutions : mix énergétique, organisation de la mobilité, gestion des déchets, trames vertes, etc. Mais pour transformer réellement votre modèle d’entreprise, il est indispensable de passer par des démonstrateurs de ville à taille réelle.

Une approche pragmatique consiste à :

  • Choisir un périmètre pilote : un site industriel, un parc d’activités, un quartier où votre entreprise est fortement implantée
  • Rejouer, à cette échelle, les scénarios issus de la simulation : flux de mobilité, consommation énergétique, gestion des déchets, intégration d’énergies renouvelables
  • Mettre en place des dispositifs de mesure précis pour comparer les résultats réels aux résultats simulés
  • Documenter les écarts et ajuster les modèles de simulation en conséquence

Ce va-et-vient entre jumeau numérique et démonstrateurs de ville permet de fiabiliser vos hypothèses, de crédibiliser votre discours RSE et de sécuriser vos décisions d’investissement, notamment pour les projets à forte intensité énergétique ou à fort impact urbain.

Aligner la transformation avec la gouvernance et les parties prenantes

La transformation de votre modèle d’entreprise ne peut pas être uniquement technico-énergétique. Elle doit être gouvernée, expliquée et partagée. Les scénarios de villes durables demain touchent directement les usages, les habitudes de mobilité, la relation aux espaces verts, la gestion des déchets, la place de l’entreprise dans la ville.

Pour un ou une responsable RSE, cela suppose :

  • D’intégrer les résultats de simulation dans les instances de gouvernance : comités RSE, comités d’investissement, conseils d’administration
  • D’associer les collectivités locales, les opérateurs d’urbanisme et les acteurs de l’énergie dès la phase de conception des projets
  • De co-construire avec les salarié·es et, lorsque c’est pertinent, avec les riverains, les évolutions d’usages et de services urbains
  • De rendre lisible, en langage simple, l’impact des choix d’aménagement et des décisions énergétiques sur la qualité de vie et l’empreinte carbone

Cette gouvernance partagée renforce la légitimité de vos projets et réduit les risques de blocage lors de la mise en place de nouvelles infrastructures ou de nouveaux services urbains.

Intégrer la simulation dans les processus de décision et les outils internes

Pour que la simulation ne reste pas un exercice ponctuel, elle doit être intégrée dans vos processus de décision et vos outils de gestion. L’enjeu est de faire de la capacité à simuler la ville durable un réflexe, au même titre que l’analyse financière ou la gestion des risques.

Concrètement, cela peut passer par :

  • L’intégration de modules de simulation urbaine ou énergétique dans vos outils de pilotage RSE
  • L’utilisation de l’intelligence artificielle pour analyser les données territoriales, les consommations d’énergie, les flux de mobilité ou les données de gestion des déchets
  • La création de « check-lists ville durable » pour tout nouveau projet immobilier, logistique ou industriel
  • La formation des équipes projets à la lecture et à l’interprétation des résultats de simulation

Pour les grandes entreprises, la question de l’échelle territoire est centrale : il s’agit de relier les données internes (sites, flottes, bâtiments) aux données publiques ou partagées sur les villes, les réseaux d’énergie, l’urbanisme, afin de simuler ville et territoire de manière cohérente.

Faire évoluer le modèle économique vers la valeur urbaine et écologique

Enfin, passer de la simulation à la transformation implique de revisiter votre modèle économique. Les scénarios de villes durables révèlent souvent de nouvelles sources de valeur : services de mobilité, solutions de performance énergétique, offres de gestion des déchets, conception de bâtiments bas carbone, solutions de nature en ville.

La simulation permet de tester :

  • De nouveaux modèles de revenus liés à la performance énergétique ou à la réduction de l’empreinte carbone
  • Des offres intégrées associant produits, services et données urbaines
  • Des partenariats avec d’autres acteurs pour proposer des solutions complètes à l’échelle d’un quartier ou d’une ville
  • Des scénarios de mutualisation d’infrastructures (énergies renouvelables, logistique urbaine, espaces partagés)

Pour une entreprise de taille moyenne, cela peut signifier repositionner son offre autour de la contribution à la ville durable demain. Pour un grand groupe, cela peut conduire à créer de nouvelles lignes de métier centrées sur la transition écologique urbaine, avec des engagements mesurables en matière de développement durable et de qualité de vie.

En articulant ainsi simulation, gouvernance, outils internes et modèle économique, la ville durable cesse d’être un concept abstrait. Elle devient un cadre structurant pour concevoir vos projets, orienter vos investissements et transformer en profondeur votre stratégie RSE.

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